Billet 2
Attentats du 9/11 : quand la télévision condamne le terrorisme
Au
gymnase. Voilà où j’étais le matin fatidique du 11 septembre 2001. Cela fait maintenant
un peu plus de 11 ans, mais je m’en souviens comme si c’était hier. Nous
accusions un déficit d’un seul but contre l’équipe masculine, lorsque mon
enseignant a sifflé l’arrêt du jeu. Les États-Unis d’Amérique, première
puissance économique et militaire mondiale, venaient d’être attaqués. Deux
avions avaient percuté le World Trade Center, faisant près de 3000 morts
(Radio-Canada, 2012 : En ligne, 7e par.).
Après
la récréation, toutes les classes de 6e année se sont dirigées à la
cafétéria, où une télévision trônait désormais au milieu des tables à manger.
Pendant des heures, nous avons été rivés devant le petit écran, observant les
grandes chaînes d’information, telle que CNN (2001 : En ligne, vidéo),
diffuser en boucle les images du second crash.
À
mon retour à la maison, je n’ai pas lâché la télévision de la soirée. Le cousin
français de mon père, ma tante de Vancouver et l’ami péruvien de mon frère
avaient tous téléphoné pour savoir si nous avions pu visionner les images des
tours jumelles s’écroulant au sol. C’est à cet instant précis que j’ai pris
conscience du caractère universel de la télévision.
La fascination des images
Selon
Lamy, la fascination que provoquent les images diffusées par les différentes
chaînes d’information lors d’une situation d’urgence (dans ce cas-ci de
terrorisme) confirme l’universalité de la télévision (2006 : En ligne, 1er
par. sous Une télévision omniprésente et omnisciente). Si des millions de citoyens
à travers le monde ont laissé la télévision allumée toute la semaine, c’est
parce que les évènements de New York « ont radicalisé le rapport de
l’image à la réalité » (Baudrillard, 2002 : En ligne, 13e
par.). En d’autres termes, la diffusion en boucle de reportages et les
nombreuses interventions des correspondants ont permis aux individus de vivre
l’événement comme s’ils en avaient été les témoins directs.
La
télévision, dans de telles circonstances, est donc considérée par Balle comme
un « média universel dominant », faisant ombre à la radio et à la presse écrite
qui ne peuvent évoquer, par des mots et des formules judicieusement choisis,
des images assez puissantes (2011 : 163).
En
terminant, si sa portée était beaucoup plus faible en 2001, le Web possède maintenant,
à mon avis, un caractère universel tout aussi puissant, sinon plus, que la télévision.
Nombreux sont les sites en ligne où l’on peut désormais assister à une
couverture médiatique en direct et revoir les images de l’événement nous
intéressant autant de fois que l’on souhaite.
Bibliographie
Balle, Francis. 2011. « Du XIXe au XXe
siècle : les médias du son et de l’image ». in Médias et Sociétés. 1re édition 1996. Paris :
Montchrestien, pp. 121-167.
Baudrillard, Jean. 2002. « L’esprit du terrorisme ». The European Graduate School. [En ligne]
URL : http://www.egs.edu/faculty/jean-baudrillard/articles/lesprit-du-terrorisme/.
Consulté le 22 septembre 2012.
CNN News. 2001. « CNN 9/11/01 – World Trade Center Part 2 ».
YouTube. [En ligne] URL : http://www.youtube.com/watch?v=OI8uUJNc1F8&feature=relmfu.
Consulté le 21 septembre 2012.
Lamy, Aurélia. 2006. « Les spécificités du traitement
médiatique dans l’urgence : l’exemple des attentats du 11 septembre 2001
». in Communication et organisation,
no 29, décembre. [En ligne] URL : http://communicationorganisation.revues.org/3386.
Consulté le 22 septembre 2012.
Radio-Canada. 2012. « Silences et sobriété, 11 ans plus tard
». [En ligne] URL : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/09/11/002-barack-obama-mitt-romney-elections-sondages-creuse-ecart.shtml.
Consulté le 23 septembre 2012.
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