Libre,
gratuite et participative. Tels sont les fondements de base de l’encyclopédie
en ligne Wikipédia (Lapointe et
Drouin, 2007, 93). Je ne me souviens pas d’avoir déjà cité cette encyclopédie
dans un travail scolaire, ni non plus collaboré à l’édition de certains de ses
articles, mes professeurs du secondaire, CÉGEP et université m’ayant toujours
interdit de faire confiance à une publication « dépourvue d’un comité de
lecture et laissant à tout un chacun rédiger et modifier des articles existants
à sa guise » (Vandendorpe : 2008 : 18). Cependant, lorsqu’un collègue
me pose une question à laquelle je ne peux répondre, ma première réaction est
de consulter Wikipédia parce que
c’est simple et surtout très rapide. En quelle année le président américain
Richard Nixon a-t-il démissionné ? Facile ! 1974. Un seul clic dans Google fait immédiatement apparaître le
ou les articles dédiés au sujet par l’encyclopédie. Temps de réponse :
huit secondes.
En
2008, Survey Nation a interrogé une
centaine de jeunes dans la rue afin d’avoir une idée du niveau de confiance
accordé à Wikipédia (2008 : En
ligne, vidéo). La majorité d’entre eux était du même avis que moi : l’encyclopédie
en ligne est à bannir pour les travaux universitaires, mais se veut un outil
très utile quelque soit notre interrogation.
Wikipédia
vs Britannica
En
dépit de ses faiblesses, l’information est-elle oui ou non véridique sur Wikipédia ?
La
revue Nature a fait une étude
comparée de 42 sujets traités à la fois par Wikipédia
et l’Encyclopedia Britannica. Les
experts n’avaient aucune idée de la provenance des articles évalués. Au total,
« only eight serious errors, such as misinterprations of important concepts,
were detected in the pairs of articles reviewed, four from each encyclopedia »
(Giles, 2005 : 901). Au niveau des erreurs de moindre importante, telle
que l’omission, Wikipedia en totalise
162 contre 123 pour Britannica
(Giles, 2005 : 901). Les résultats de Nature en ont étonné plus d’un.
Selon
Melanson, même si l’encyclopédie en ligne attire plus de 500 millions de visiteurs
par mois, dont près de 70 % de la communauté scientifique mondiale, les
contaminations existent dans les articles et elles sont nombreuses (Melanson,
2012 : En ligne, 7e par.). Comme il y absence de comité de
lecture, il faut consulter les références citées dans le texte pour s’assurer
de l’exactitude des résultats.
Le cas Philip Roth
À
la mi-septembre, une lettre ouverte de Philip Roth dans le New Yorker a entaché, une fois de plus, la réputation de Wikipédia (2012 : En ligne, photo).
À
la fin du mois d’août, tentant d’apporter une correction sur sa propre
biographie, l’auteur américain « s’est vu répondre qu’il n’était pas une source
crédible sur… lui même » (Haski, 2012 : En ligne, 1er par.). Ce
n’est qu’après la publication de la lettre ouverte que l’information a été
corrigée. Cet exemple démontre que Wikipédia
et vérité ne font pas nécessairement bon ménage. Loin de moi l’idée d’inciter
les gens à ne plus consulter cette encyclopédie en ligne, mais il faut le faire
en exerçant un jugement critique sur nos lectures et en allant valider les informations
ailleurs.
Bibliographie
Giles, Jim. 2005. « Internet Encyclopaedias Go Head to Head
». Nature, vol. 438, no
15, décembre, pp. 900-901. [En ligne] URL :
http://www.nature.com/nature/journal/v438/n7070/full/438900a.html
Haski, Pierre. 2012. « Wikipédia à Philip Roth : “Vous
n’êtes pas une source crédible sur vous-même” ». Rue89. [En ligne] URL : http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/09/11/wikipedia-philip-roth-vous-netes-pas-une-source-credible-sur-vous-meme. Consulté le 13 octobre 2012.
Lapointe, Pascal et Josée Nadia Drouin. 2007. «
Le cas Wikipédia ». in Science, on blogue
! Le nouveau monde d’Internet. Québec : Éditions MultiMonde, pp.
93-99.
Melanson, Mike. 2012. « Wikipedia’s Goal :
1 Billion Monthly Visitors by 2015 ». ReadWriteWeb.
[En ligne] URL : http://www.readwriteweb.com/archives/wikipedias_goal_1_billion_monthly_visitors_by_2015.php. Consulté le 14 octobre 2012.
Roth, Philip. 2012. « An Open Letter to
Wikipedia ». The New Yorker. [En
ligne] URL : http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/09/11/wikipedia-philip-roth-vous-netes-pas-une-source-credible-sur-vous-meme. Consulté le 14 octobre 2012.
Survey Nation. 2008. « Do You Trust the
Information on Wikipedia ? ». YouTube.
[En ligne] URL : http://www.youtube.com/watch?v=_8yKNJCTck4. Consulté le 13 octobre 2012.
Vandendorpe, Christian. 2008. « Le phénomène
Wikipédia : une utopie en marche ». Le
Débat, no 148, janvier-février, pp. 17-30. [En ligne] URL : https://www.ruor.uottawa.ca/xmlui/bitstream/handle/10393/12823/ wikipedia.html?sequence=2. Consulté le 14 octobre
2012.
samedi 13 octobre 2012
ESSAI 1
Twitter et les journalistes
Twitter est un « outil de micro-blogging
», c’est-à-dire une plate-forme d’échange qui permet, en temps réel, de
partager ses réflexions, de relayer de l’information ou encore de décrire son
activité courante (Corneau, 2012). Très simple à utiliser, Twitter permet aux
individus d’échanger des messages courts, limités à 140 caractères, avec un
ensemble de contacts (Conseil de presse du Québec, 2012 : 3e par.).
Ce réseau social est composé d’une fenêtre centrale, le mur, dans laquelle apparaissent
les messages appelés « tweets » de l’abonné et ceux des personnes qu’il suit
(Carbasse, 2012). Tout comme Facebook, Twitter « permet de se créer une liste
d’amis, appelés followers » (Proulx, 2012 : 4e par.). L’individu
s’abonne aux comptes qui l’intéressent le plus. En plus de l’édition de tweets,
cet outil de micro-blogging permet également de publier des photos et des
vidéos.
Twitter a été inventé en 2006 sous le nom
Stat.us (Proulx, 2012). Il permettait
aux utilisateurs de décrire leurs états d’âme par SMS. Stat.us est ensuite devenu twittr, en référence au site de partage
de photos Flickr, pour finalement prendre le nom officiel de Twitter. Aujourd’hui,
ce réseau social compte plus de 500 millions d’abonnés à travers le monde
(Cross, 2011). Voici un tableau regroupant les vingt pays comptant le plus
grand nombre d’abonnés à Twitter (Mercier, 2012).
La place de Twitter dans la communication publique
Si le lien entre Twitter et la
communication publique est indéniable, il importe d’abord de définir ce qu’on
entend par communication publique. Selon Beauchamp, ce concept réfère en
contexte nord-américain à :
« l’ensemble des phénomènes de
production, de traitement, de diffusion et de rétroaction de l’information qui
reflète, crée et oriente les débats et les enjeux publics ; la communication
publique étant non seulement le fait des médias, mais aussi des institutions,
entreprises, mouvements et groupes qui interviennent sur la place publique »
(1991 : 13).
Twitter s’insère dans la communication
publique, car il permet notamment de débattre d’enjeux politiques et sociaux
dans un espace public numérique (Brin, 2012). En effet, les abonnés de ce média
social (citoyens, journalistes, relationnistes, membres du gouvernement, etc.)
animent la démocratie en intervenant sur le Web 2.0, soit directement sur la
place publique. Les tweets des individus peuvent être lus, traités et
rediffusés par tous, même par ceux qui ne possèdent pas de compte Twitter. Les
utilisateurs de cette plate-forme de micro-blogging ont souvent tendance à relayer
les tweets percutants sur Facebook ou dans les médias, qui vont à leur tour
transmettre l’information à d’autres. Pour Bernier et all., Twitter est considéré comme « un espace global et
instantané de production et de circulation des messages » à l’échelle
planétaire (2005 : 79). Le lien social devient ainsi quasi permanent, les
abonnés partageant 24h sur 24 leurs activités quotidiennes et opinions. De là,
l’importance du caractère public de Twitter dans le processus communicationnel.
Dans le domaine de la communication
publique, Twitter est utilisé de plusieurs façons différentes. À titre
d’exemple, lors de la révolution égyptienne de janvier 2011, les journalistes
locaux et correspondants internationaux se sont servis de ce réseau social «
pour mettre à jour l’étendue de l’oppression » du régime d’Hosni Moubarak
(Hassanpour, 2012 : 5e par.). Comme les quotidiens égyptiens
étaient sous le contrôle du gouvernement, les journalistes ont réussi, via
Twitter, à informer les citoyens des développements du conflit et à orienter le
débat public. De par leurs tweets, photos et vidéos relayés sur cette
plate-forme de micro-blogging, ils ont animé la discussion autour du régime
propagandiste d’Hosni Moubarak (Ahmad, 2012). Ce faisant, des centaines de
milliers d’Égyptiens se sont inscrits sur Twitter afin de recevoir
l’information en temps réel concernant l’heure des manifestations et les
réactions du gouvernement, mais également pour participer eux aussi à cette
grande discussion publique autour de la venue d’une démocratie en Égypte. Pour
Ramonet, le fait que les journalistes aient transmis textes, sons et images à
des masses de citoyens qui, à leur tour « ont contribué à la circulation de
l’information », démontre le potentiel exceptionnel de Twitter dans la
communication publique (2011 : 7).
Dans cet essai, je m’intéressai donc à
Twitter d’un point de vue journalistique. Je mettrai en relief les qualités et
les défauts que présente cette technologie pour les artisans de l’information.
Enfin, je proposerai certaines pistes de réflexion sur les dérives possibles de
ce média social.
L’outil qui divise les journalistes
Au printemps 2012, Riglet a mené une
étude dans 15 pays démontrant que plus de 55 % des journalistes possèdent un
compte Twitter. Le tableau ci-dessous montre que le suivi de l’actualité et la
recherche d’information sont les principales raisons poussant les journalistes
interrogés par Riglet à utiliser ce média social.
Les
avantages
Selon Théroux, Twitter s’est rapidement imposé dans le milieu
journalistique, « pour le meilleur et pour le pire » (2009 : 2e
par). Parmi les avantages de son utilisation, Dubois note l’accès instantané à
l’information. En effet, lorsqu’une nouvelle d’une importance considérable sort
sur Twitter, l’information peut être reprise de façon immédiate par les médias.
La rapidité de l’accès à l’information permet notamment aux journalistes de
visionner des vidéos mis en ligne à l’instant par des citoyens qui apportent
des éléments complémentaires très intéressants à leur reportage. Pour Camille Sarret, directrice de l'information Web de TV5 à Paris,
l’immédiateté de l’information contribue à un plus grand partage de
l’information et permet de revenir aux sources du journalisme. Voici une
entrevue qu’elle a récemment accordée à TV5Monde (2011).
Une autre des qualités que représente
Twitter pour les journalistes est le fait de pouvoir réseauter avec des
collègues de partout dans le monde. Selon une étude réalisée par Bruns, Twitter
« is a worldwide newsroom where you can share your ideas » (2012 :
106). Il n’est pas rare d’apercevoir sur Twitter des échanges entre un
journaliste de La Presse et un correspondant de l’Agence France-Presse basé à
New York. Les reporters se demandent conseils entre eux afin d’apporter de
nouveaux éléments à leur article et/ou reportage. D’ailleurs, Twitter est un
moyen efficace et économique pour les journalistes de trouver des sujets
originaux et des angles différents en jetant simplement un coup d’œil sur le
travail réalisé par leurs confrères (Carbasse, 2012).
Le contact direct des journalistes avec
les citoyens est un troisième avantage procuré par Twitter. En effet, la
majorité des journalistes utilisent Twitter pour échanger avec le public
(Bruns, 2012). Pour Desplanques (2011), les médias actifs sur Twitter, tels que
Radio-Canada ou TVA, souhaitent que leurs abonnés réagissent à l’actualité.
C’est pourquoi ils abordent souvent un sujet sous forme de question, attendant
une réponse des internautes. Certains journalistes n’hésitent pas non plus à
répondre ou à retweetercertains
individus afin de garder contact avec cette partie du public. La chef d’antenne
de Radio-Canada, Pascale Nadeau, est en un bon exemple (Twitter, 2012a : Capture
d’écran prise le 10 octobre).
Selon Chouinard (2011 : 38), la
présence de Radio-Canada et de ses journalistes sur Twitter a entre autres
comme objectif « l’envoi des utilisateurs vers les différents sites Web de la
chaîne ». Ainsi, en mettant en ligne leurs articles ou leurs reportages, les
journalistes ont le désir de fidéliser leur public. Pour Cross (2011), ces
derniers ont tout intérêt à maintenir ce lien étroit avec les citoyens sur
Twitter, parce que les meilleurs scoops
proviennent souvent des informations relayées par le public.
La facilité d’accès et la gratuité de
Twitter constituent d’autres avantages d’utiliser ce média social pour les
journalistes (Commission européenne, 2012). Maintenant, grâce aux téléphones
intelligents et aux ordinateurs portables, les journalistes peuvent, s’ils le
désirent, suivre l’évolution de l’actualité toute la journée. Enfin, il
n’existe aucune autre plate-forme gratuite, à part Twitter, qui réunit la
plupart des médias du monde entier. En ce sens, cet outil « est un
incontournable pour les journalistes » (Ramonet, 2011 : 4).
Les désavantages
Si Twitter comporte plusieurs avantages
pour les journalistes, cet outil de micro-blogging présente toutefois certains
désavantages. Selon Riglet (2012), l’information n’y est pas toujours crédible.
Des millions d’utilisateurs utilisent Twitter à travers le monde et plusieurs
d’entre eux véhiculent des faits ou encore des rumeurs sans en avoir vérifié la
véracité. Les journalistes se doivent donc d’être extrêmement prudents. « Le
risque pour le journaliste est de se laisser aveugler par ce que racontent les
individus sur Twitter et d’en faire son unique source » (Commission européenne,
2012 : 56). Des journalistes issus de grands médias ont déjà retweeté de
fausses allégations à l’égard de politiciens ou de personnalités publiques, soit
par manque de temps pour valider les informations et/ou pour être le premier à diffuser
ce soi-disant scoop. Bref, l’information
afflue sur Twitter, mais les journalistes doivent demeurer prudents. La moindre
erreur peut être repérée en une fraction de seconde par des milliers d’abonnés
et porter atteinte à leur crédibilité.
Un autre désavantage de Twitter pour les journalistes concerne la limite
entre la vie privée et professionnelle. Pour Ahmad (2012), il y a un danger,
pour les journalistes qui dévoilent des informations personnelles sur leur vie
privée ou encore qui émettent leur opinion sur un sujet en particulier,
d’entacher la réputation de l’entreprise de presse à laquelle ils
s’identifient. À titre d’exemple, au Gala de l’ADISQ 2010, l’animateur de radio
saguenéen Maxime Roberge a été congédié par la direction d’Astral après avoir
tweeté ceci au sujet de Cœur de Pirate : (Twitter, 2012b. Capture d’écran
prise le 6 octobre).
Maxime Roberge a supprimé ce tweet
quelques secondes après son apparition, mais il était déjà trop tard. Des
centaines d’abonnés avaient retweeté l’information. Mal à l’aise et au cœur de
la controverse, Astral, propriétaire de la station pour lequel le jeune homme
travaillait, a décidé de le congédier. Les journalistes doivent donc porter
attention aux propos qu’ils publient sur Twitter, surtout lorsque leur vie
privée et professionnelle se chevauchent.
Enfin, Théroux (2009) et Mercier (2012) évoquent
la nature prenante de Twitter comme désavantage pour les journalistes. « La
quantité d’information publiée est trop grande et le filtrage nécessite trop de
temps » (Commission européenne, 2012 : 58). Les journalistes passent
parfois des journées entières à surveiller ce qui se passe sur Twitter et ils
en oublient de traiter en profondeur leur propre sujet, ne faisant que survoler
les grands titres de l’actualité internationale. Pour Cross
(2011), plutôt que de monopoliser la journée entière du journaliste, Twitter doit
constituer un outil complémentaire à ses autres sources d’information.
Pistes
de réflexion
En terminant, il a été vu dans cet essai
que Twitter offre de multiples avantages pour les journalistes. Néanmoins, les
défauts qu’il présente forcent de nombreuses rédactions et autres grands médias
à imposer un ensemble de règles à leurs journalistes concernant leur rapport à
cette plate-forme de micro-blogging (Riglet, 2012). Depuis quelques mois, un
chapitre concerné au bon usage de Twitter a été ajouté au Guide de responsabilités des travailleurs de l’information du
quotidien La Presse, aux Normes et
pratiques journalistiques de Radio-Canada et au Guide de déontologie des journalistes du Québec de la Fédération
professionnelle des journalistes du Québec (Desplanques, 2011). En agissant de
la sorte, les médias souhaitent donc empêcher les dérives possibles des propos
tenus sur Twitter en incitant les journalistes à réfléchir aux conséquences
possibles de l’envoi d’un tweet.
Par ailleurs, il est de plus en plus
fréquent de voir des journalistes abonnés à Twitter indiquer que leurs tweets
n’engagent qu’eux-mêmes. De cette manière, ils tentent d’éviter tout problème
avec la direction. Toutefois, qu’ils parlent en leur nom ou celui de leur
journal, il reste que les journalistes demeurent les employés d’une rédaction
et que même si leurs propos désobligeants sont publiés sur leur compte
personnel, ils peuvent entacher la réputation du média pour lequel ils
travaillent. Il y aura donc toujours cette érosion des frontières entre la vie
privée et professionnelle du journaliste.
Enfin, comme l’utilisation de Twitter ne
cesse de croître dans le milieu journalistique, il serait intéressant d’aborder
son fonctionnement, mais aussi ses dérives dans les programmes de formation universitaire.
Tel que Dubois le souligne, « les étudiants en journalisme doivent apprendre à
maîtriser adéquatement Twitter, car il est devenu un outil de recherche et
d’échange incontournable du métier » (2012 : 14e par.). En
exploitant les avantages de Twitter et en sachant reconnaître les limites de ce
réseau social, les étudiants en journalisme seraient ainsi mieux préparés à
leur entrée dans le monde professionnel.
Bibliographie
Ahmad, Ali Nobil. 2012. « Is
Twitter a Useful Tool for Journalists ? ». Journal
of Media Pratice, vol.11, no 2, pp.145-155.
Beauchamp, Michel. 1991. Communication publique et société, repères
pour la réflexion et l’action. Boucherville : Gaëtan Morin éditeur,
403 p.
Bernier, Marc-François et all. 2005. Pratiques novatrices en communication publique. Québec :
Presses de l’Université Laval, 179 p.
Brin, Colette. 2012.
« Le conflit étudiant : spectacle médiatique interactif et en direct ». Blogues ULaval. [En ligne] URL : http://www.blogues.ulaval.ca/colette-brin/le-conflit-tudiant-un-spectacle-mdiatique-interactif-et-en-direct/. Consulté le 5 octobre 2012.
Bruns, Axel. 2012. « Journalists and
Twitter : How Australian News Organisations Adapt to a New Medium ». Media International Australia, vol.4, no 144, pp. 97-106.
Carbasse, Renaud. 2012. « Twitter et les journalistes: une relation en construction ».
ProjetJ. [En
ligne] URL : http://projetj.ca/article/twitter-et-les-journalistes-une-relation-en-construction. Consulté le 7 octobre 2012.
Chouinard, Marianne. 2011. « Gazouillis
télévisuels ». Infopresse, vol.2, no
4, pp. 36-40.
Commission européenne. 2012. « Les
journalistes et les médias sociaux ». EC. [En ligne]
URL : http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/quali/journsm_fr.pdf. Consulté le 11 octobre 2012.
Conseil de presse du Québec. 2012. «
Twitter : revenir au journalisme ? » CPQ.
[En ligne] URL : http://conseildepresse.qc.ca/actualites/nouvelles/twitter-revenir-au-journalisme/. Consulté le 9 octobre 2012.
Corneau, Laurent. 2012. « Qu’est-ce que
Twitter ? ». Aussitôt.fr. [En ligne] URL : http://www.aussitot.fr/twitter/qu-est-ce-que-twitter.html. Consulté le 10 octobre 2012.
Cross, Mary. 2011. « Is Twitter Hijacking
Journalism ». in Bloggerati,
Twitterati : How Blogs and Twitter Are Transforming Popular Culture.
Santa Barbara : ABC-CLIO, pp. 67-85.
Desplanques, Anne-Caroline. 2011. «
Pourquoi Twitter fait peur à certains journalistes ? ». ProjetJ. [En ligne] URL : http://projetj.ca/article/pourquoi-twitter-fait-peur-certains-journalistes. Consulté le 3 octobre 2012.
Dubois, Judith.
2012. « Prévoir l’imprévisible ». Les
Affaires universitaires. [En ligne] URL : http://www.affairesuniversitaires.ca/prevoir-limprevisible.aspx. Consulté le 4 octobre 2012.
Hassanpour, Navid. « Révolte égyptienne, avec ou sans Twitter ». Le Monde diplomatique. [En ligne]
URL : http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/HASSANPOUR/47402. Consulté le 11 octobre 2012.
Mercier, Arnaud. 2012. « Enquêtes sur les usages des réseaux sociaux par les journalistes français ». Observatoire du
journalisme. [En ligne] URL : http://obsweb.net/2012/05/14/enquete-sur-les-usages-des-reseaux-sociaux-par-les-journalis tes-francais/. Consulté le 5 octobre 2012.
Ramonet, Ignacio. 2011. «
Merci Twitter ! ». in L’Explosion du
journalisme. Paris : Éditions Galilée, pp. 45-57.
Riglet, Sébastien. 2012. «
Twitter, facebook: quels usages en font les journalistes? ». Journalismes.info. [En ligne] URL : http://www.journalismes.info/Twitter-facebook-quels-usages-en-font-les-journalistes_a3633.html. Consulté le 4 octobre 2012.
Théroux, Alain. 2009. «
Twitter et journalisme. La dernière utopie ? ». ProjetJ. [En ligne]
URL : http://projetj.ca/article/twitter-et-journalisme-la-derniere-utopie. Consulté le 6 octobre 2012.
TV5Monde. 2011. «
Média : la révolution Twitter ». TV5.
[En ligne] URL : http://www.youtube.com/watch?v=HTVYBJODTwY.
Consulté le 7 octobre 2012.
Twitter. 2012a.
« Profil Twitter ». Twitter. [En
ligne] URL : https://twitter.com/PascaleNadeau. Consulté le 7 octobre
2012.
Twitter. 2012b.
« Profil Twitter ». Twitter. [En
ligne] URL : https://twitter.com/MaximeRoberge. Consulté le 7 octobre
2012.
lundi 1 octobre 2012
BILLET 3
Téléphonie mobile :
quand les journalistes deviennent accessibles n’importe où et n’importe quand
Lors
de mon tout premier cours de journalisme à l’Université Laval en 2011, notre
enseignant a décrit le cellulaire comme étant l’outil le plus utile du
journaliste. Pourquoi ? Parce qu’en plus de pouvoir filmer, prendre des photos
et transmettre la nouvelle sur les réseaux sociaux, le téléphone mobile permet
surtout d’être disponible 24 heures sur 24…
Un
peu plus tard, ce même enseignant nous a fait visionner un court extrait d’une
entrevue télévisuelle dans lequel on aperçoit une journaliste brésilienne
répondre, en direct, à son cellulaire (Barbosa, 2011 : En ligne, vidéo).
Le
manque d’éthique professionnelle et l’impolitesse ont maintes fois été évoqués
par mes collègues pour qualifier l’attitude de la Brésilienne. J’étais moi-même
en accord avec eux.
Cependant,
après avoir travaillé dans une salle de nouvelles et fait de la pige pour la
radio lors des Jeux olympiques de Londres, mon opinion n’est plus la même. Je
peux désormais imaginer la pression ressentie par cette journaliste. Bien que
je n’oserais jamais répondre à mon téléphone mobile dans un direct, il reste
que les patrons exigent que l’on prenne leurs appels (et dieu sait qu’ils sont
nombreux) même lorsqu’on réalise une entrevue. Peut-être que la Brésilienne en
question attendait un coup de fil important ou bien avait-elle commis une
erreur en ondes et son rédacteur en chef tenait à l’avertir ? On ne le saura
jamais. Mais cet exemple démontre à quel point « le cellulaire est la laisse du
journaliste » (Laporte, 2011 : En ligne, 5e par.).
Gina
Desjardins, journaliste spécialisée en technologie, soutient que si « certains
individus sont dépendants de l’instantanéité du téléphone mobile, d’autres
peuvent très bien attendre au lendemain pour écouter leurs messages »
(2011 : En ligne, 2e par. sous À part l’instantanéité, à quoi
servent les cellulaires ?). Selon moi, il est vrai qu’un citoyen dont le
cellulaire n’est pas un outil de communication important au travail peut
choisir de rappeler plus tard, mais la situation est tout autre pour les
journalistes. Ceux-ci se doivent d’être à l’affût, car s’ils ne décrochent pas
ou ne rappellent pas dans les minutes suivantes, ils devront rendre des comptes
ou encore l’affectation (qui peut se révéler un scoop de temps à autre) sera transmise à un autre journaliste.
En ce sens, le téléphone mobile, malgré toute
l’autonomie qu’il donne aux journalistes, devient davantage un esclavage qu’une
liberté. D’ailleurs, une enquête de l’Australian
Mobile Telecommunications Association a révélé que ceux dont le cellulaire est un outil de travail important souffrent d’un taux de stress deux fois
plus élevé que ceux qui ne s’en servent qu’à des fins personnelles (Wajcman,
2007 : En ligne, 26).
Bibliographie
Barbosa, Rogério. 2011. « TV
News Reporter Answer Cell Phone During Report Live ».
YouTube. [En ligne] URL : http://www.youtube.com/watch?v=NhsyQLtpaCQ.
Consulté le 29 septembre 2012.
Desjardins, Gina. 2011. « Le cellulaire, une laisse ou un
symbole de liberté ? ». Radio-Canada.
[En ligne] URL : http://blogues.radio-canada.ca/triplex/2011/11/14/cellulaire-laisse-ou-symbole-liberte/.
Consulté le 30 septembre 2012.
Laporte, Stéphane. 2011. « La dictature de l’instantanéité
». La Presse. [En ligne] URL : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte/201111/12/01-4467174-la-dictature-de-linstanta neite.php. Consulté le 30 septembre 2012.
Wajcman, Judy et all.
2007. « The Impact of the Mobile Phone on Work/Life Balance ». Australian Mobile Telecommunications
Association. [En ligne] URL : http://politicsir.cass.anu.edu.au/staff/wajcman/pubs/ Report_on_Mobiles_and_Work_Life_Balance_June_07.pdf.
Consulté le 30 septembre 2012.